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IL Y A 50 ANS, LA CHUTE DE SAÏGON

  • evpf29
  • il y a 23 heures
  • 6 min de lecture

Le 30 avril 1975, les communistes nord-vietnamiens entrent dans Saïgon, la capitale du Sud-Vietnam. Les images des T 54 défonçant le portail d’entrée du Palais présidentiel, suivis par des bo-doïs, ont fait le tour du monde. Le général Minh, président depuis trois jours, soi-disant accepté par les nord-vietnamiens pour entamer des discussions de paix, est arrêté. Le GRP, Gouvernement Révolutionnaire Provisoire, invention des communistes vietnamiens pour représenter le Sud-Vietnam, est invisible. « Un ordre bon enfant règne à Saïgon » titre un torchon parisien prisé de l’intelligentsia gauchiste... Le temps de quadriller la ville et d’installer dans les quartiers des commissaires politiques, d’encourager la délation,  d’instaurer la peur, de contrôler les déplacements, après demande d’autorisation...Les cadres politiques et militaires sud-vietnamiens sont envoyés en camps de travaux forcés dans la jungle, où famine et manque de soins conduisent à une mort quasi-certaine.


Depuis les accords de Paris en janvier 1973, le retrait des forces américaines s’était réalisé, alors que les communistes nord-vietnamiens n’avaient cessé d’infiltrer au sud des soldats et du matériel militaire : 80 000 hommes, 600 chars, 500 canons et 200 pièces de DCA. En 1974, l’aide financière US avait été divisée par deux, alors que celle de la Russie avait doublé.


L’offensive finale des viets a commencé le 10 mars 1975 contre Ban-Me-Thuot, dans la région des Hauts Plateaux, 250 kms au Nord de Saïgon. Devant la pression, décision est prise d’abandonner les provinces de Darlac, Kontum et Pleiku, adossées au Cambodge et au Laos, laissant aux mains des communistes le balcon stratégique du Sud Vietnam. L’exode des Hauts-Plateaux, de 200 000 personnes mélangées à des camions, des vieux cars chinois, des motos et des bicyclettes, sous les tirs et les bombardements des communistes, est un enfer.


Le 21 mars, c’est l’évacuation de la ville d’An-Loc, à 100 kms au nord de Saïgon. Le 26 mars, Hué, la vieille capitale impériale tombe et les vietcongs atteignent la mer, coupant le pays en deux.

Les premières évacuations de personnels américains et vietnamiens commencent le 10 avril par avions géants. Le 11 avril, l’attaque de Xuan-Loc, 60 kms à l’est de Saïgon, est menée par trois divisions nord-vietnamiennes, renforcées par un régiment de chars T 54 et appuyées par une trentaine de pièces tractées de 130 et 152 soviétiques.


Le 18 avril, c’est la prise de Phnom-Penh, la capitale du Cambodge, par les khmers rouges. Le lâchage des américains constitue un mauvais présage pour les sud-vietnamiens. Le 21 avril, le président Nguyen Van Thieu, catholique et farouchement anti-communiste, démissionne et s’éloigne le 26 vers Formose. Le 28 avril, 100 000 réfugiés, fuient Bien-Hoa à 20 kms au nord de Saïgon pour rejoindre la capitale. Ils gênent les camions montant vers le front. Comme après les accords de Genève en 1954, les mouvements de la population terrifiée s’opèrent toujours du Nord vers le Sud, puis vers la mer, pour fuir le « paradis communiste », jamais en sens inverse. Dans le Sud, tous les partis, y compris les partis d’opposition, défendent une doctrine nationaliste se référant à leurs coutumes et à leurs traditions, jamais au communisme.


Le 29 avril, plus de 20 000 personnes se pressent devant les grilles de l’ambassade US et des milliers d’autres descendent vers le port pour tenter de s’échapper. Plus de 5 000 vietnamiens et les 950 derniers américains sont évacués par hélicoptères vers la VIIème flotte et une vingtaine de cargos qui croisent à une trentaine de kilomètres au large des côtes.

Les parachutistes sont les dernières troupes à résister à l’invasion. L’Armée a fait ce qu’elle a pu, submergée par le nombre et la technique, cantonnée dans une guerre défensive, opposée au dynamisme offensif des conquérants.


Saïgon s’est ouverte, comme Paris s’est ouverte aux allemands pour éviter des destructions et des morts inutiles. Certains ont reproché au général Minh d’avoir capitulé sans combattre. Mais à quoi bon ? Les communistes avaient prévu de bombarder tous les quartiers de Saïgon. Pourquoi les sud-vietnamiens auraient-ils continué la guerre ? Pour prouver encore une fois qu’ils défendaient la liberté jusqu’au bout ? Mais depuis trente ans ils en apportaient la preuve avec leur sang. Ils ont été abandonnés par tout le monde. Les USA bien sûr, avec le président Gérald Ford qui demande le 24 avril aux américains de « tourner la page », en parlant d’une « guerre qui est terminée en ce qui nous concerne ». La France ensuite, depuis le discours de Pnom Penh du général de Gaulle en 1966, qui condamne vigoureusement l’intervention de « l’étranger venu de l’autre rive du Pacifique », mais n’a pas un mot pour flétrir celle du Nord pénétrant au Sud du 17ème parallèle. L’ambassadeur de France croyait ramener la paix en favorisant la mise en place du général Minh et le soutien au GRP. Il n’a réussi qu’à accélérer la désintégration politique du Sud et sa reddition inconditionnelle. Il s’en va en laissant derrière lui dix mille otages français sans défense. Le président Giscard d’Estaing, dans une pitoyable oraison funèbre sur le cadavre torturé de ce qui fut l’Indochine Française, assure les assassins et les bourreaux de l’amitié du gouvernement français, ainsi que de sa contribution matérielle, si les communistes veulent bien lui faire la grâce de l’accepter. L’Eglise elle-même reste muette, fidèle à la nouvelle orientation définie par le Concile Vatican II. Les catholiques sont sacrifiés comme le sont ceux de l’Eglise du silence, en faveur de la bonne entente avec Moscou.


Honneur au peuple vietnamien ! Il a connu trente années de guerre, face aux japonais durant la 2ème guerre mondiale, du temps des français, puis des américains. On a dénombré 250 000 morts sud-vietnamiens, quatre fois plus de nord-vietnamiens et vietcongs. Il a subi les bombardements les plus meurtriers, des canons soviétiques comme américains, avec les bombes au napalm, les CBU 55 à fragmentation antipersonnel ou à dépression asphyxiante. Les nord-vietnamiens, endoctrinés dès l’enfance, se sont montrés de valeureux combattants sous la poigne de fer de leurs dirigeants communistes. Les sud-vietnamiens se sont battu pour défendre leur douceur de vivre, la liberté d’être et de rêver sans qu’un commissaire politique vienne y mettre bon ordre. Honneur aux vietnamiens qui ont pu s’établir à l’étranger pour y travailler et s’y intégrer, sans pleurnicher et demander un « devoir de mémoire ».


Saïgon a été conquise, non libérée ! Par l’Accord de Paris, on a commis l’erreur de croire, ou de sembler croire, que les mots peuvent avoir le même sens de part et d’autre du Rideau de Fer et que les communistes, quels qu’ils soient, peuvent se sentir tenus par un engagement pris vis-à-vis des non-communistes.


Saïgon a été accusée d’être une ville corrompue, en comparaison avec Hanoï pure et dure. Mais la nature humaine étant ce qu’elle est et universellement partagée, n’est-ce pas le propre de la liberté de montrer ses tares et ses vices, et celui de la dictature de les dissimuler hypocritement ?

L’Amérique n’a certes pas gagné la guerre du Vietnam. Elle ne l’a pas non plus perdue. Elle s’est simplement lassée, après 50 000 morts et 200 milliards d’aide. Plus de trois millions de jeunes américains ont été envoyés au Vietnam de 1965 à 1972. Honneur à eux ! Ainsi fut-elle conduite au renoncement, travaillée par des campagnes de presse incessantes, des manifestations à répétition organisées par des mouvements pacifistes, d’autant plus que le complot du Watergate, ourdi par la gauche, l’avait privée du président Richard Nixon, qui l’eût peut-être maintenue dans la voie du courage. Certains ont accusé l’Amérique de trahison, mais les démocraties sont-elles d’un soutien fiable et persévérant lorsque la guerre n’est pas portée sur leur sol ? L’exemple de l’Afghanistan hier et de l’Ukraine aujourd’hui semblent apporter la réponse. Sur le plan militaire, les USA sont désormais privés dans le Sud-Est asiatique d’une plate-forme stratégique de première importance et d’un allié fidèle.


Il n’est question que des camps d’extermination nazis dans les émissions télé, le cinéma, la presse, la littérature, jamais des goulags soviétiques, des lao gai chinois ou des camps de rééducation vietnamiens. Tous ont pourtant en commun la mort dans des conditions inhumaines, mais les crimes communistes sont volontairement ignorés par nos « bien-pensants » de gauche.

Prions pour qu’un chef d’état intelligent redonne son nom à la ville de Saïgon, de même que Léningrad a retrouvé son nom de Saint-Pétersbourg. Il nous reste des souvenirs nostalgiques de cette ville, aimée de tous les français qui l’ont connue, et une chanson à fredonner le soir : « Dans le port de Saïgon… », ou telle autre à chanter lors de la commémoration de Dien-Bien-Phu : « Contre les viets… ».

 

 

Colonel honoraire Gilbert BEAUVAL

Eurasien, né à Saïgon



Sources :

-          La défaite de l’Indochine (Pierre Darcourt)

-          La mort du Viet-Nam (Général Vanuxem)

-          Chant funèbre pour Pnom Penh et Saïgon (92 auteurs)




19 Comments


Patrick Montaleytang
Patrick Montaleytang
il y a 15 heures

Bel article très instructif sur un "sujet" très peu et même pratiquement jamais évoqué lors des émissions historiques sur notre télévision complètement noyautée par la Gauche. On en a le triste exemple chaque jour sur les chaînes de France Télévision, BFM et consorts ....

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bernard Maurice
bernard Maurice
il y a 15 heures

Nous n'avions rien à faire dans nos colonies, de la même manière que les migrants colonisateurs n'ont rien à faire chez NOUS.

Quand il y a un partenariat et une bonne entente pourquoi pas, mais dès qu'il y a un refus du peuple, il ne faut pas insister, c'est valable dans les 2 sens et c'est le problème en France.

Cela se terminera forcément très mal, car tous nos maux viennent de là.


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Dominique Blum
Dominique Blum
il y a 4 heures
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Nous n'avions peut-être rien à faire là-bas, mais nous avons une longue

histoire avec ces pays-là. Et l'héritage que nous leur avons laissé est

loin d'être négatif. Je pense en particulier à l'EFEO: Ecole française

d'Extrême-Orient, grâce à laquelle le Cambodge peut faire visiter

Angkor, ce site somptueux qu'il faut avoir vu une fois dans sa

vie.

Si le grand explorateur Henri Mouhot n'avait pas redécouvert cette

cité royale, avec un courage, une audace incomparables, l'oeuvre

d'enfouissement dans la jungle aurait continué.

Il est mort à 35 ans au Laos, poursuivant son oeuvre.

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coilly.jean-louis
il y a 16 heures

La guerre d'Indochine s'est terminée par un véritable massacre de notre corps expéditionnaire par les nord-vietnamiens dans cette fameuse cuvette où l'ennemi les avait , intelligemment , obligé à se retrancher . Nos soldats , tous des volontaires , ont payé de leur vie l'entêtement de la France à vouloir conserver à tout prix cette colonie lointaine et d'avoir laissé ses soldats livrés à eux mêmes ; dont beaucoup ont été fait prisonniers et ont subi des lavages de cerveau d'une cruauté inqualifiable .

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greenberet gillic
greenberet gillic
il y a 17 heures

Si tous ces soldats, qui ont donné leur vie pour la France, voyaient ce qu'est devenue leur Patrie la France avec des traîtres comme Mélenchon Boyard etc etc ... adulés des médias ils se retourneraient dans leur tombes !!

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gerard26
il y a 4 heures
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Les traitres sont innombrables, mais ils sont l'émanation du peuple, qui les ont mis en place ! Rajoutez Macron le roi des traitres, voulant la présidence de cette fédération européenne sur le point d'aboutir, puisque les peuples se taisent ! Attal, Séjourné, etc, fiottes notoires, traitres ! Borne etc ! Aucun patriote dans ces élites autoproclamées, puisque soumises à la doxa européenne ! La Nation meurt ! Nous aussi, et en silence !

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Unknown member
il y a 18 heures

C’est avec grande émotion que je lis votre témoignage , lequel me rappelle mon enfance en Limousin . Âgée de 81 ans je n’ai pas oublié le visage au teint buriné par le soleil de cet officier français en poste en Indochine . Lui et son épouse étaient venus se reposer à la campagne . L’officier et son épouse me prirent dans leurs bras , (je me trouvais un peu grande pour cela) . Avec son épouse ils me dorlotaient en murmurant qu’ils auraient bien aimé avoir une petite fille comme moi . Nous redoutions tous son départ , car la guerre faisait rage an ces années 1950 et nous étions inquiets pour lui . Le jour vin…


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bernard Maurice
bernard Maurice
il y a 15 heures
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Vous aviez déjà posté ce témoignage, merci de le rappeler

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